Urbanisation du Bruckhof à Neudorf : ma réponse à l’UMP
Vous avez souhaité interpeller une nouvelle fois le maire au sujet du projet du Bruckhof
Vous devez sans doute vous rappeler que ce projet a été initié en 2006 par la ville de Strasbourg et que c’est vous qui avez choisi en 2007 les lauréats du concours organisé à l’époque.
Il me semble d’ailleurs intéressant de comparer le projet lauréat avec celui qui est actuellement en cours de réalisation. Et comme les images sont souvent plus parlantes que des longs discours je demande qu’on projette à l’écran les plans masse de 2007 et celui de 2012.
Vous pouvez constater, comme l’ensemble des collègues, qu’il est difficile de prime abord de percevoir une différence substantielle. En réalité, le plan masse n’a quasiment pas bougé, même si nous sommes passés de 32 500 à 39 000 m² de SHON. En moyenne il y a simplement un étage supplémentaire sur chaque immeuble. J’observe que cette augmentation de la densité (+16%) reste très inférieure à la proposition de Nicolas Sarkozy d’augmenter la constructibilité de tous les terrains de 30%. J’imagine, Madame la Sénatrice, que comme les parlementaires socialistes vous vous opposerez vigoureusement à ce projet de loi lors de sa prochaine discussion au sein de la Haute Assemblée.
Le projet comporte en cœur d’îlot des espaces verts permettant le développement de grands arbres et d’espace de natures de proximité. C’est justement le resserrement des immeubles sur une plus grande hauteur, mais qui reste dans le gabarit des immeubles existants de l’avenue Aristide Briand, qui permet de limiter les emprises bâties et de développer ces cœurs d’ilot. Ainsi, dans l’Ilot Nord, 53% de la parcelle est construite, 44 % pour l’ilot Sud. Soit sur l’ensemble du Bruckhof seulement 49 % du terrain est construit, c’est tout simplement moins de la moitié ! On est loin du « remplissage forcené du terrain » pour reprendre vos propos.
Certains logements en rez-de-chaussée vers le cœur d’ilot disposent de jardins privatifs. Concernant les vis-à-vis, les plus courts sont d’environ 12 mètres entre deux immeubles au Sud du projet, mais on est le plus souvent au-delà de 15 mètres de distances entre les façades, ce qui est là aussi quelque chose de classique en cœur de ville ou au Neudorf. Ces espaces ne demandent qu’à être animé et appropriés par les futurs habitants du quartier qui pourront s’y détendre. J’ajouterai, sans entrer dans les détails, que nous avons imposé aux promoteurs une amélioration sensible de la qualité et de la performance énergétique des bâtiments construits.
En matière d’espace public il ne faut pas quand on est de bonne foi limiter son propos ou sa réflexion à la seule emprise en cours de réalisation. Ainsi, je tiens à rappeler l’aménagement de la promenade des Berges du Ziegelwasser, qui a été réalisé par la ville et qui vient accompagner ce projet de construction du nouveau morceau de quartier. Ce projet de promenade « écologique » de 60 ares a été passé au crible d’un « calculateur carbone », permettant d’évaluer et de comparer les émissions de CO2 respectives de chacune de ses options techniques : choix des matériaux et du mobilier, revêtement de sols, choix des plantations, etc. C’est un aménagement très apprécié et aussi un lieu de rencontre entre les générations et de valorisation de la biodiversité.
Concernant l’organisation de la circulation permettez moi une nouvelle fois d’être étonné que vous posiez ce type de question aussi tardivement, alors que vous avez initié ce projet. Compte tenu des responsabilités qui ont été les vôtres ici même, vous n’êtes ainsi pas sans ignorer qu’avant de lancer une telle opération des études de circulation sont réalisées.
La encore, la configuration n’a pas changé par rapport au concours de 2006, que vous aviez initié. La création de la rue de Bucarest permet de soulager le carrefour Briand/Avenue du Rhin en utilisant un nouveau carrefour au droit de la rue de Budapest. Les études de circulation ont démontré que cela fonctionne. Celles qui ont été réalisées en 2011 et qui intègrent les données de l’extension de la ligne D du tramway et de l’urbanisation de Citadelle, ont confirmé le fonctionnement de ce carrefour qui quoi qu’il arrive restera moins compliqué que celui que subissent les Neudorfois au croisement des rues du Landsberg, de Rathsamhausen et de l’Avenue Jean Jaurès. Des réunions de concertation avec les riverains nous ont d’ailleurs permis de rentrer dans le détail des choses. D’autres concernant l’extension de la ligne D suivront dans les mois à venir.
Concernant l’offre en stationnement. Il est à noter que le terrain ne permettait pas d’accueillir plus de places sur un seul niveau de sous-sol. La création d’un deuxième niveau de sous-sol implique des surcouts constructifs prohibitifs, notamment pour les logements sociaux qui d’ailleurs étaient absents du projet initial, tout comme les 2 résidences étudiantes.
Cela étant, les règles du Plan d’Occupation des Sols impliquaient que soient réalisées 285 places de stationnement (étant entendu par exemple que pour les résidences étudiantes la norme est d’une place pour 10 studios). Le projet actuel en comporte très exactement 379, soit 25% de plus. Avec une station de tramway en proximité immédiate du quartier, cela paraît raisonnable.
Je conclurai en remarquant que votre interpellation est en tout point similaire à celle d’une association du quartier de Neudorf réputée proche de l’UMP. J’y vois là au mieux une simple coïncidence ou, et c’est le plus probable, la volonté délibérée d’exploiter de façon politicienne l’inquiétude légitime d’une partie de nos concitoyens effrayés par la masse de béton visible à ce stade du chantier.
Pour conclure mon propos et nous projeter vers un avenir proche, je souhaite vous montrer une image du projet quand il sera achevé. Vous constaterez, au-delà du regard forcement subjectif que nous pouvons porter els uns et els autres, que cela n’a rien à voir avec ce que nous observons actuellement en phase chantier. Vous voyez notamment au 1er plan le dernier élément de programme qui sera un hôtel IBIS Budget, en lieu et place des 4000 m2 de bureaux initialement prévus.
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