Pour l'élection presidentielle, elle appelait dans un premier temps à voter Sarkozy au second tour, avant de se rétracter, avouant au passage (débat France 3 Alsace du 19 mai), que cet appel lui avait été arraché "sous la pression" par le tandem... Elle confiait alors publiquement avoir voté pour Ségolène Royal le 6 mai...

Pour les élections législatives, elle fait mieux encore. Après des semaines de campagne sur les thèmes du Modem et notamment le fameux "ni droite, ni gauche", voilà que l'adjointe du quartier du Neuhof appelle à un "vote massif en faveur du candidat UMP", égratignant au passage les électeurs du Neuhof qui ne seraient que des ingrats...Voila une bien curieuse conception de l'action publique !

Durant cette campagne, j'ai souvent croisé Pascale Jurdant. J'ai pu apprécier son esprit d'ouverture, sa convivialité et sa tenacité. Ce revirement, qui s'apparente à un reniement, me surprend d'autant plus.

Son explication me semble néanmoins évidente. Elle même la donne dans l'édition des DNA de ce jour (12 juin 2007) en avouant craindre "le piétinement" de ses collègues à l'occasion de son retour dans l'exécutif municipal. Cet aveu laisse imaginer dans quelles conditions a été obetnu cet appel "spontané", arraché en fait par le tandem qui règne à Strasbourg et dispose des délégations données aux adjoints...

Pour ma part je tire 2 enseignements de cet épisode malheureux qui ne grandit pas la politique :

- Il  a au moins le mérite de démontrer qu'élu député, le candidat de l'UMP ne disposera d'aucune marge de manoeuvre et ne sera qu'un pion supplémentaire dans le dispositif de Keller et Grossmann.

- Nous assistons à une marchandisation de l'électorat du Modem, que les uns et les autres s'échangeraient selon leurs stratégies et leurs ambitions.

L'enjeu du 17 juin mérite assurément mieux que ces combines du 9ème étage du centre administratif. Je persiste à penser que seul un député socialiste pourra faire entendre une voix différente et contribuer ainsi au nécessaire débat démocratique.

Dans ce contexte particulier, je fais confiance au bon sens des électeurs centristes qui sauront séparer le bon grain de l'ivraie. Chacun jugera en conscience.