En effet, il n'y a rien de nouveau dans les mesures qui sont annoncées : soit on réforme des choses qui ont été modifiées au cours des deux dernières années par le gouvernement Villepin, soit on réinvente des choses qui existent déjà. Quelques exemples :

-         L'hospitalisation d'office de ce type de détenus est prévue par le code de la Santé et l'expertise psychiatrique est déjà pratiquée pour les détenus dangereux

-         Les remises de peines automatiques ne sont automatiques que depuis 2004-2006

-         La généralisation du bracelet électronique est une bonne mesure mais elle existe depuis 2005 et à ce jour, il n'y a que dix personnes en France qui en bénéficient parce qu'il n'y a pas du tout de budget

-         L’ouverture d’un hôpital fermé à Lyon en 2009 (le maire de la ville n’a même pas été consulté) tient du gag : 3 établissements de ce type existent déjà en France dont celui de Caen d’où sortait Francis EVRARD. Seul problème : les unités de soins ne fonctionnent pas...faute de moyens financiers

Comme à chaque fois avec Sarkozy, on légifère sous le coup de l'émotion et on fait des mauvaises lois dans la précipitation. Le vrai  problème est celui du suivi des délinquants sexuels et donc celui du manque de psychiatres, de psychologues et d'éducateurs en prison. On en revient à la question des moyens…car si on ne soigne pas pendant le séjour en prison, on a très peu de chances d'avoir des résultats positifs après.

Et c’est là qu’on se dit  que les 13 milliards d’euros donnés en juillet par les députés UMP aux plus nantis auraient pu être mieux utilisés.

Au-delà du style du Président de la République, qui semble plaire encore à une large majorité de nos concitoyens, nous risquons collectivement de payer rapidement cette politique qui privilégie la forme sur le fond, l’action immédiate et irréfléchie sur des réformes partagées et concertées. Le réveil risque d’être difficile…