Ces contre-performances s’expliquent par le dérapage de l’assurance-maladie en dépit de l’inflation des déremboursements qui pénalisent de plus en plus les assurés sociaux. Elles sont liées également à l’échec des réformes Douste-Blazy et Fillon qui se manifeste à la fois sur le plan financier et sur le plan social. L’augmentation du volume des exonérations de cotisations sociales patronales (25 milliards d’euros en 2007) et les retards dans la mise en œuvre des compensations de l’Etat au bénéfice de la sécurité sociale pèsent dans l’accentuation du déficit. Enfin, ce résultat comptable reflète aussi la dégradation de la situation économique et sociale.

Le gouvernement annonce pour 2008, un déficit de 8,9 milliards d’euros. Ces perspectives manquent une nouvelle fois de crédibilité. La réforme à la hussarde des régimes spéciaux de retraite, envisagée au mépris des partenaires sociaux, ne règlera rien en termes d’assurance vieillesse. Quant aux franchises médicales, elles aboutiront simplement à rompre avec les mécanismes fondamentaux de solidarité sociale, puisque désormais avec ce principe, ce sont les malades qui paieront pour d’autres malades.

Par ailleurs on ne peut être que très inquiet du passage dès 2008 à la tarification à l’activité à 100 % des hôpitaux publics. Dans les conditions actuelles, ce passage risque d’inciter au tri des malades les plus rentables et ne garantit en aucun cas la sécurisation des moyens des missions d’intérêt général, propre à l’hôpital public.

Ces résultats apparaissent comme la sanction accablante du bilan social et financier de 5 ans de gestion Chirac-Sarkozy-Fillon, avec environ 65 milliards de déficits cumulés des comptes sociaux depuis 2002. Les réponses proposées pour l’heure par le Président de la République et l’UMP reposent essentiellement sur de nouvelles franchises, venant s’ajouter aux déremboursements et forfaits qui visent à pénaliser et à culpabiliser malades et assurés sociaux.

Les comptes sociaux publiés aujourd’hui traduisent la faillite de la droite et le PLFSS 2008 prépare en fait une autre conception de la sécurité sociale fondée sur une prise en charge à minima, que les socialistes combattront résolument.