Universités : Pourquoi les étudiants grévistes ont raison
Par Philippe Bies, vendredi 9 novembre 2007 :: Archives :: #74 :: rss
Le budget de la recherche et de l’enseignement supérieur 2008 est, en dépit des apparences, un mauvais budget. Il va aggraver celui, catastrophique, de 2007. Les 1,8 milliards brandis comme un succès par Valérie Pécresse, ne peuvent faire illusion. 30 % de cette somme ne relèvent que de crédits d’impôts.
Parallèlement, la grande majorité des autres crédits est fléchée : elle servira essentiellement à la remise en conformité et aux normes de certains établissements universitaires, dont la vétusté, voire la dangerosité sont établies. L’érosion monétaire et les mesures de forte régulation budgétaire du printemps 2008 feront le reste.
Alors que les étudiants s’organisent pour demander de réels moyens conformes aux promesses du candidat Sarkozy, on ne peut que déplorer les lourdes carences, en matière de conditions de vie étudiante et de premier cycle universitaire de ce budget en trompe l’œil. Ce n’est pas ainsi que nous réduirons le taux d’échec à l’université.
En outre, la stagnation du nombre de postes, le désarroi de nombreuses petites et moyennes universités, déjà pointé du doigt par beaucoup d’étudiants, les menaces réelles qui pèsent sur de nombreux organismes de recherche, ne font qu’accroître les inquiétudes du monde universitaire.
A la rentrée 2007, la recherche et l’enseignement supérieur étaient des contre-priorités. En 2008, ils resteront des non-priorités. Ainsi, le retard accumulé depuis 2002 ne sera pas comblé, tandis que la baisse des moyens pour les étudiants, enclenchée depuis plus d’une législature ne sera pas enrayée, avec tous les moyens de ségrégation sociale, qui en résultent .
En fait, comme dans d’autres domaines, ce budget d’affichage, adossé à une loi de simple gouvernance déjà contestée en matière universitaire, et à une démarche d’affaiblissement des organismes de recherche, augure d’une vraie volonté politique. Celle-ci est aux antipodes d’une priorité annoncée en faveur de l’enseignement supérieur et de la recherche. Elle nous éloigne irrémédiablement de l’objectif de 3 % du PIB, fixé à Lisbonne.







Commentaires
1. Le dimanche 11 novembre 2007 à 16:30, par yolande
2. Le lundi 12 novembre 2007 à 14:54, par Philippe Bies
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