Le constat implacable du Conseil d'Orientation des Retraites (COR)
Par Philippe Bies, jeudi 22 novembre 2007 :: Archives :: #79 :: rss
Les indications fournies par le rapport du Conseil d’Orientation des Retraites présenté aujourd’hui laissent augurer une aggravation du déficit de la branche vieillesse, cette année et surtout en 2008. Cette donnée signifie l’échec financier de la réforme Fillon 2003. Rappelons en effet que la branche vieillesse était en équilibre jusqu’au moment de cette réforme. Il est question, aujourd’hui, d’un déficit supérieur à 5,5 milliards en 2008 de la branche vieillesse.
Ce piètre résultat annonce d’ailleurs un nouveau dérapage des comptes sociaux qui rend extrêmement illusoire la prévision contenue dans le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale 2008 (PLFSS); il va amplifier le niveau de la dette sociale qui dépasse dès maintenant, les 80 milliards d’euros. Cet échec financier de la réforme Fillon s’accompagne d’un échec social puisque nous constatons un affaissement régulier du taux de remplacement des pensions depuis 4 ans.
La solution pour tenter d’endiguer cette crise financière repose naturellement et d’abord sur une politique dynamique de l’emploi. A ce sujet, le COR nous rappelle que rien n’est acquis dans les dix ans à venir ; la politique économique imposée par Nicolas Sarkozy depuis six mois, marquée par son inefficacité et son clientélisme, n’offre aucune garantie d’amélioration.
A juste titre, le COR estime par ailleurs que la question de l’allongement de la durée de cotisations ne peut être une solution alors que le taux d’emploi et d’activité chez les salariés âgés de 50 à 60 ans reste extrêmement faible. En outre, la question au cœur du dossier des retraites est bien celle de la pénibilité et donc de l’inégalité d’espérance de vie selon les métiers exercés et les catégories socioprofessionnelles.
Enfin, le Conseil d’Orientation des Retraites revient sur les conséquences néfastes pour les finances de la sécurité sociale de la politique d’exonération des cotisations et de maintien des niches sociales. L’ensemble de ces niches, qu’il s’agisse des plus-values, des stocks options ou des pertes de recettes liées au mécanisme d’épargne salariale, s’élève à un montant compris entre 6 milliards et 8,2 milliards d’euros, soit les 2/3 du déficit annuel de la sécurité sociale.
Il est impératif d'arriver à une taxation sérieuse et rigoureuse des stocks options et d’inventaire des niches sociales. De même qu'il est nécessaire d'engager sans tarder une réforme en profondeur de la loi Fillon sur les retraites mettant en exergue les questions de financement, d’augmentation nécessaire du taux de remplacement des pensions et prenant en compte la problématique majeure de la pénibilité des métiers exercés.







Commentaires
1. Le vendredi 23 novembre 2007 à 00:01, par yolande
2. Le lundi 4 février 2008 à 17:21, par mr-bark
Ajouter un commentaire