Les insuffisances et les incohérences de la politique du logement du tandem
Par Philippe Bies, mardi 11 décembre 2007 :: Archives :: #84 :: rss
A l'occasion de la séance plénière du Conseil général qui s'est tenue les 10 et 11 décembre, j'ai eu l'occasion de revenir une nouvelle fois sur la politique menée par le tandem en matière de logement social, et plus particulièrement sur les opérations de renouvellement urbains entreprises à Strasbourg. Voici le texte de mon intervention :
Monsieur le Président, Chers Collègues,
Il ne s'agit pas ici , bien au contraire, de remettre en cause la politique du logement initiée par le Conseil Général dans le cadre de la délégation de l'aide à la pierre de l'Etat sur le territoire en dehors de la Communauté Urbaine de Strasbourg. Vous l'avez évoqué vous même : les objectifs en matière de construction de logements sont atteints et même dépassés pour 2007, l'effort étant amené à être poursuivi en 2008.
Le Département intervient également sur le territoire d ela Communauté Urbaine, notamment dans le cadre du soutien financier aux projets de renouvellement urbain sur Lingolsheim et dans les quartiers strasbourgeois de Hautepierre, de la Meinau et du Neuhof.
Autant dire, qu'excepté à Lingolsheim, la mise en oeuvre de ces opérations est plutôt cahotique, compte tenu de l'absence de réflexion aboutie, tant au niveau de l'urbanisme qu'au plan des conséquences sociologiques de ces projets. Les sommes dépensées par le Département dans ces opérations sont importantes (plusieurs millions d'euros), et même s'il s'agit de Strasbourg, la manière dont elles sont dépensées mérite toute notre attention.
Je vous propose de nous arrêter rapidement sur la cité du Neuhof, qui est un des lieux principaux de concentration de pauvreté et d'exclusion de notre ville, comme en atteste le bilan social qui vient d'être édité par la CUS.
A ce jour, les opérations de rénovations urbaines du Neuhof présentent "tout compris" un solde négatif de 465 logements sociaux dans un contexte d'explosion de la demande (21 000 demandes non satisfaites sur la CUS en 2006). Les 120 logements privés prévus dans le cadre de ce projet se situeront en périphérie de la cité. Cette manière de procéder illustre une volonté politique contestable visant à créer une mixité sociale de façade qui en fait aboutira à la création de 2 zones :
- une zone de relégation au coeur de la cité, réservée au populations très pauvres (chômeurs, familles monoparentales, handicapés, personnes âgées sans moyen)
- une zone en périphérie de la cité, réservée à des ménages un peu moins défavorisés.
Cette nouvelle ségrégation nous semble à nous, mais aussi à de nombreux habitants, incompatible avec une vie de quartier harmonieuse, et ne pourra générer, sinon des tensions entre les populations, du moins une indifférence des uns à l'endroit des autres.
Monsieur le Président, nous voterons ce rapport dont l'objet principal concerne l'aide à la pierre en dehors de la CUS, mais nous demandons que notre collectivité soit plus attentive à la réalisation des projets strasbourgeois qu'elle subventionne. Il ne faudrait pas, en effet, que la politique volontariste menée désormais par le Conseil Général, soit "plombée" par les incohérences et les insuffisances de celle menée par la CUS.







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