GRÈVE RECONDUCTIBLE

Les conséquences sont multiples : les élèves de terminale ne pourront plus redoubler faute de places, toutes les classes compteront au moins 35 élèves, les "classes à projet", créées pour les élèves en difficultés seront supprimées, les dédoublements dans les classes de langues vivantes disparaîtront... Comme, de surcroît, la carte scolaire est condamnée, les élèves qui en ont la possibilité ne pensent plus qu'à fuir le lycée. Tant pis pour ceux qui resteront. Et pour leurs professeurs que l'on voudrait confiner dans un rôle de garderie en renonçant à toute ambition pour leurs élèves.

De l'Elysée à Aubervilliers, il y a bien un monde. Celui qui sépare le virtuel du réel. Face à une telle schizophrénie, l'indignation est forte. Elle justifie notre décision de nous mettre en grève reconductible jusqu'à ce que le rectorat revienne à des positions plus raisonnables. Elle m'interroge aussi sur mon métier. En plus de l'histoire et de la géographie, je suis aussi censé enseigner l'éducation civique. Je dois y parler de l'égalité en droit, de la solidarité dont l'Etat doit être le garant. Je dois assurer que la puissance publique joue son rôle pour que chacun ait sa chance dans une société française ouverte et riche de ses différences... Dur métier. "


Philippe Darriulat est professeur d'histoire-géographie au lycée Henri-Wallon d'Aubervilliers,ancien président de l'UNEF